RESPIRER. Je me suis souvent sentie stressée et débordée au cours de ma vie. Je me disais alors de respirer. Mais je ne le faisais pas vraiment parce que, quelque part, au fond de moi, j’avais cette sensation que cette tension persistante me permettait de réussir, d’accomplir de grandes choses.

Il y a bien sûr eu quelques déclics, par-ci, par-là. Je pense à cette ostéopathe qui a croisé mon chemin il y a quelques années. Elle m’avait dit, tout bonnement, qu’elle allait travailler à éliminer mon stress. Je me souviens avoir souri sans cesse pendant plusieurs jours. Et cette sensation de légèreté, de légèreté… Je sais maintenant que ça existe, vivre sans stress. Et ce savoir, c’est précieux.

Avec mon désir de ralentir est venue la nécessité de respirer. Littéralement. Respirer, ça permet d’évacuer les tensions quand elles surgissent. Respirer, ça ramène l’attention au présent. Respirer, ça permet de passer – du moins momentanément – de cet état de mind full à celui de mindfulness. À cet instant, il n’y a que le souffle, le corps et ce qui l’entoure.

Ce n’est pas magique. Je sais parfaitement que je suis loin d’avoir atteint cet objectif d’être toujours dans le moment présent. Mais c’est correct ainsi, j’y travaille… En fait, non, je respire, tout simplement. Quand je sens que trop de pensées m’occupent l’esprit, quand je réalise que le temps a passé trop vite sans que j’aie osé dire ou faire ce que je voulais tant dire ou tant faire, quand je me sens soudainement impatiente, je respire. Puis ça va mieux. Vraiment.

C’est à se demander pourquoi on n’enseigne pas aux enfants à respirer, à être là, alors que la vie les tire vers la rapidité. Je considère avoir eu la chance d’apprendre – grâce à mes formations en théâtre et en butô – à respirer, à prendre conscience de mon corps dans l’espace, hic et nunc. Et aujourd’hui, je suis consciente de ce privilège que je me suis donné de m’écouter – malgré les protestations – et d’avoir étudié en arts. Ne serait-ce que pour cette respiration à laquelle s’attarder.

La respiration, c’est une chose douce. Elle te remplit, puis elle part doucement. La plupart du temps, sans que tu la remarques, sans que tu aies à t’en soucier.